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                                                            PLUSIEURS FOIS CENTENAIRE

Elle est plusieurs fois centenaire puisqu'elle l'est deux fois et demi, Elle est née et elle fut baptisée à Puntous en l'année 1682... Elle a donc 250 ans, C'est un âge vénérable auquel tout le monde ne peut pas prétendre... Elle est encore pleine de vie et elle a de l'avenir devant elle. Peu, parmi nous l'ont vue car depuis le jour de son baptême elle n'a jamais quitté la chambre. Mais tout le monde l'entend et espère l'entendre longtemps encore ... Elle est de toutes les fêtes et de tous les deuils... Tous les jours elle nous parle et elle parle pour nous. Sa voix est sage et puissante. Elle va de la terre aux cieux.

Ecoutez-la, vénérez-la cette bonne aïeule..., je ne dis pas cette bonne vieille car malgré son grand âge elle est encore capable de nous enterrer tous. J'ai oublié de vous la présenter et sûrement vous ne devinez pas de qui je veux parler... Il s'agit de Marie, la plus petite de nos trois cloches. Elle porte l'inscription suivante:

« Sancta Maria, ora pro nobis 1682, Parren Maistre Bertrand Abadie, curé de Punctous »

J'ai respecté l'orthographe Parren - Maistre – Punctous, Punctous avec un c entre l'n et le t.

Saluez-la bien bas cette vénérable aïeule en l'année de ses 250 ans. En l'année de ses cinquièmes noces d'or. Elle naquit et fut baptisée sous le règne de Louis XIV. Le roi,âgé de 44 ans, était alors à l'apogée de sa gloire. Elle en a vu passer des gouvernements en France, de l'eau sous les ponts de la Baïse, des générations dans nos demeures, des multitudes de fidèles, vivants et morts, se rendant à son appel dans le temple du Seigneur.

Répétons à son adresse, les vers du poète :

          «  Bienheureuse la cloche au gosier vigoureux

          Qui, malgré sa vieillesse, alerte et bien portante,

          Jette fidèlement son cri religieux,

          ainsi qu'un soldat qui veille sous la tente ! »

Et elle n'a pas dit son dernier mot !

« Marie est actuellement la plus vieille et la plus petitede nos trois cloches... Devient-on petit en vieillissant ?Ainsi que l'affirment les petits enfants à leurs parents ?Elle ne fut pas toujours la plus petite... A l'âge de 102ans, elle se trouva grandie puisqu'à cette époque onlui donna une soeur cadette. Voici ce que nous lisonsdans les anciens registres:

« L'an 1784, le 2è septembre nous, Curé de Puntous soussigné, assisté de Maître Jean-Pierre Dastugue prêtre, nous avons fait la bénédiction de la plus petite des trois cloches de cette église dont surscription est conçue en ces termes:

« Jesus, Maria, Joseph, Sancte petre ora pro nobis, parrin Pierre Lartet archidiacre de Magnoac, Me Jean-Baptiste Sabatier, curé de Puntous, Bernard Cazane et Jean MONLONG, consuls dudi lieu en foi de ce Sabatier curé. »

Qu'est devenue cette troisième et plus petite cloche baptisée en 1784? Un paroissien a entendu dire que l'orsqu'on fit le clocher actuel, elle fut placée au sommet de la flèche, comme cloche-timbre de l'horloge. Il ne faut pas oublier qu'en 1830, les cloches étaient placées dans trois ouverture voutées en plein cintre pratiquées dans le mur ouest. Une charpente reposant sur des encorbellements recouvrait les trois ouvertures; cette charpente était en saillie et portait sur des consoles. Elle renfermait le ton des cloches et le répercutait dans l'intérieur de l'église, où il devenait très fatigant.

Les deux autres cloches de notre église, plus grandes, plus puissantes sont deux soeurs jumelles bien plus jeunes. Elles furent baptisées en 1845. Elles n'ont donc que 87 ans.

La plus grande, porte l'inscription suivante:

Saint Pierre, p. p. n.
Hyacinthe Fittère, maire Xavier Bertrès, curé, et Magdelaine Bertrès, née de Sarraméa, parrains.

Et plus bas: Ursulin Dencausse, à Soues, près Tarbes fecit 1845.

La seconde porte l'inscription suivante:

Saint Joseph, p. p. n.
Bertrès, curé; Hyacinthe Fittère maire, et Marie Basille, sa fille, parrains.

Ces deux cloches durent être placées dans le clocher pendant qu'on le construisait. Elles ne pourraient plus passer par les ouvertures actuelles.

Une délibération du Conseil de fabrique, réuni en séance extraordinaire le 8 octobre 1845, réglemente la sonnerie des nouvelles cloches:

« Etaient présents, Messieurs Bertrès, prêtre desservant; Fittère, maire; Dastugue, Baudens, Fittère major, Cazaux, Abbadie Jampey, tous membres du dit conseil.

Tous étant rassemblés, M. le Président a pris la parole et a dit: Messieurs, je commence par remercier les administrateurs de la commune d'avoir doté notre église de deux nouvelles cloches.

Considérant que le bon ordre demande qu'il soit établi une règle invariable pour la sonnerie desdites cloches, etc. etc ... »

              C'est la cloche qui appelle les chrétiens aux cérémonies saintes,

              La cloche, écho du ciel placé près de la terre,

              Voix grondante qui parle à côté du tonnerre,

              Faite pour la cité comme lui pour la mer !

              Vase plein de rumeur qui se vide dans l' air !

                                                V. HUGO


Mèlée à tous les actes de la vie chrétienne, la cloche ne peut parler sans que sa voix aille au coeur du fidèle; elle lui rappelle ses aïeux, ses parents, pour qui la cloche a parlé, sa naissance a lui, son baptême, sa première communion, c'est un mémorial ailé et chanté. Même aux oreilles et à l'âma de l'indifférent, de l'impie, la cloche parle et prêche; elle leur fait entendre quand même la parole de Dieu, elle leur est un reproche et un remords. Ainsi la cloche remplit sa mission douce au bon, importune mais salutaire au pécheur.


« Laissons donc les cloches rassembler les fidèles; car la voix de l'homme n'est pas assez pure pour convoquer au pied des autels le repentir, l'innocence et le malheur ».

                                                                                  CHATEAUBRIAND