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                                                                                      1931 - LES CROIX


« La procession des Rogations a pour but d'attirer les bénédictions du ciel sur les fruits de la terre; elle se fait au printemps, à l'époque des gelées tardives si redoutées des laboureurs; elle traverse les champs cultivés afin d'appeler sur les moissons la protection divine ».

Cette procession fut instituée par Saint Mamert, évêque de Vienne, en Dauphiné.

Nos aïeux, nos grands parents assistaient avec foi et piété aux processions des Rogations. Par la pensée et le souvenir, assistons avec eux à ces prières publiques qui se déroulaient à travers nos campagnes au début du printemps, les trois jours qui précédaient la fête de l' Ascension. Le lundi, premier jour des Rogations, après la messe, la procession visitait le quartier de la rivière. On descendait la colline directement et à pic, par la côte raide...C'était une descente difficile qui demandait comme maintenant, oeil et pieds sûrs. Aux quatre chemins, on rencontrait une croix qui n'est plus... cela permettait d'attendre les retardataires qui avaient résisté à l' entaînement de la pente et de reformer les rangs. Cette croix se trouvait au sud-ouest des quatre chemins, dans la propriété Danton, à cette époque, aujourd'hui Vilelaude. Elle a disparu. On continuait vers l'ouest et la seconde croix que l'on rencontrait, c'était la croix qui se trouvait et qui se trouve encore sur la grande route du Gers, au point de jonction du chemin des Parcelles avec la route...c'était la croix Durand.

Actuellement on rencontre une croix plus récente, placée par la famille Labat dans son enclos, sur le bord du chemin. Cette croix en bois, placée là en 1873, fut remplacée par la croix actuelle, qui porte, sur la colonne en maçonnerie-ciment, la date de 1909. La croix Durand a été remplacée en 1925. La nouvelle a été faite sur le modèle de la précédente, très ancienne...Les personnes les plus âgées du quartier n'ont pas vu la plantation de la croix précédente. Elles ont vu plusieurs fois sa replantation par raccourcissement. Cette croix fut faite vers 1860, par Joseph Larrieu, grand-père de la famille Baup actuelle, sur l'initiative et aux frais de la jeunesse du quartier. La croix actuelle parfaite copie de la précédente, oeuvre de M. Bernard Savoie, porte, posés sur ses bras, suspendus sous ses bras ou fixés à la tige principale, les divers instruments qui servirent au crucifiement, et les divers vases sacré ou objets qui servent au sacrifice de la messe. Avant 1903, la procession ne visitait pas le quartier des Parcelles. On se rendait directement par la route à la croix des Auberges... Cette croix se trouvait, sur le bord de la route, au sud-ouest. elle était appuyée contre le jeune chêne qui s'y trouve actuellement. - c'était « la crout dé la libertat » ainsi dénommée parce qu'elle avait été placée à côté du jeune chêne de la liberté auquel elle devait servir d'appui et de tuteur – touchant symbolisme – Elle dut être placée là en 1848.

Le 1er mai 1903, la procession prit pour la première fois le chemin des Parcelles pour visiter et bénir la nouvelle croix du quartier des Tuileries, croix Millet. L'année suivante, le 4 mai 1904, on dut arriver à la route pour visiter et bénir une seconde nouvelle croix, placée au même quartier des Tuileries, sur le bord de la route de Trie – croix Corrégé.

L'itinéraire actuel par les parcelles remonte donc au 1er mai 1903. Aux Auberges, la croix de la liberté fut remplacée par une nouvelle croix en bois avec Christ, que l'on plaça au sud-est des quatre routes dans la prairie Fittere-Pujos... Cette croix et ce Christ furent bénis il y a 42 ans, par le P. Joseph, missionnaire capucin, jouissant dans notre pays d'une grande réputation de sainteté.

Cette croix, minée à sa base, est tombée en 1928, à la grande surprise des voisins qui la croyaient encore solide. Le Christ brisé et irréparable fut enterré sur place; cette croix a été remplacée en 1930, par la croix actuelle, à base en ciment armé, avec un beau Christ en fonte de fer... La procession, alors, comme maintenant, continuait vers l'est par la grande route. On rencontrait une croix placée à mi- distance entre les Auberges et le pont, a droite, dans un petit bosquet qui a disparu pour devenir prairie, propriété Bajon-Louchet. Cette croix n'existe plus. Enfin on arrivait à la croix du Moulin-chic en face du chemin de Hachan... cette croix très ancienne ne porte pas de date. On quitte la route, au pied de la côte, et on rentre dans le bois pour aller visiter la croix Fittère-Arrieu. Cette croix en bois porte gravée la date de 1913.

On y voit la lance...le roseau avec l'éponge... et les 30 deniers peints argent. Cette croix a été raccourcie et replantée en 1930... La procession remonte directement sur la route et regagne l'église... C'est la plus longue des trois processions.

Le second jour, la procession visite le quartier de Saintrailles et des Trouillès. Sur la côte, après avoir traversé la route de Castelnau, on rencontre une croix récente, placée par la famille Dastugue en 1919. On continue et on rentre dans le domaine de Saintrailles, ancienne propriété d'abord des de Baretge de Saintrailles, et, plus tard par héritage, des Baudens.

On rencontre une croix en bois qui porte la date gravée de 1864. Il est probable que cette croix n'est dans cette propriété que depuis cette époque. Et qu'avant cette date la croix devait se trouver à la jonction du chemin de Sainte-Eulalie avec le chemin des Trouillès, à côté de l'ancien château de Baretge, grande maison de maître aujourd'hui disparue; les nouveaux propriétaires firent construire le château de Saintrailles sur la colline qui domine la vallée de la Baïse, château détruit par un incendie pendant la guerre. Certains paroissiens en effet avaient entendu dire qu'autrefois on n'entrait pas dans le domaine de Saintrailles, mais que l'on descendait par le chemin de Sainte-Eulalie, vers l'est. D'autres se rappellent qu'on allait à la croix de Saintrailles et que de là, on revenait sur ses pas pour reprendre le chemin de Sainte-Eulalie; Ce n'est que plus tard, comme aujourd'hui, que la procession aurait traversé le parc pour reprendre plus bas le chemin de Sainte-Eulalie.
La procession continue vers le sud et arrive à la croix des Trouillès, vieille croix de bois appuyée contre un chêne. De là on continue vers l'ouest puis vers le sud, à côté de l'ancienne maison paternelle des Baudens (Métairie Barthe incendiée, et on arrive à la croix Barthe. Cette croix très ancienne, qui est actuellement au sud-est du croisement des chemins dans la propriété Baudens-Barthe, se trouvait autrefois au même lieu, sur une petite place communale, plantée d'une rangée de chênes, appelée le Padouén... C'est là que la jeunesse du quartier passait les dimanches; il y avait jeu de quilles et jeux de cartes.

On raconte que M. le curé Dastugue qui résidait dans sa maison paternelle, se rendant à l'office des Vêpres, passait toujours par là. Il interpellait cette aimable jeunesse et lui donnait rendez-vous à l'église... Oui M. l'abbé – on ne l'appelait que M. l'abbé. Au signal de la cloche tout jeu cessait et l'office des Vêpres se déroulait avec pompe et piété.

Plus tard, la famille BAUDENS acheta cette petite place rectangulaire du Padouén en face de son enclos. Il en reste, de l'autre côté du chemin, au côté sud-est, le petit coin communal où a été creusé le puits et a été planté le marronnier.

Actuellement, la procession rejoint la route de Castelnau directement vers le sud, et elle rentre à l'église.

Autrefois la procession se dirigeait vers l'est par le chemin de « la Calesse », elle traversait l'enclos Mailhes, par l'allée Mailhes, elle arrivait à la route de Castelnau. A l'extrémité de l'allée sur le bord de la route, dans le coin ouest, se trouvait une croix placée par la famille Mailhes, ancienne famille Dastugue. Cette croix était formée d'une belle tige de chêne peinte en noir et surmontée d'une croix en fer forgé, sur laquelle éaient représentés les attributs de la passion, peints en jaune-or. Cette croix est tombée et n'a jamais été remplacée. Elle a été la seule et unique croix de ce quartier ! Car autrefois l'allée Mailhes n'existait pas, et les Dastugue se rendaient à l'église et au village par le chemin de la « Calesse » et le Padouén.


Le troisième jour, le mercredi, la procession visite la partie sud-est de la paroisse, le quartier de St-Méric et le quartier de la Croix- Blanche. On se rend tout d'abord à la croix de Ste-Barbe, croix plantée à côté de la chapelle par la famille Baudens-Payan. Cette croix tombée en 1926 a été refaite l'année suivante. D'après certains, autrefois on se rendait directement à St Méric sans passer du côté de Ste-Barbe . En face du perron de l'école des filles, sur la rue, se trouvait une croix en pierre de taille, colonne cylindrique avec deux marches... Cette croix fut portée plus tard au sommet de la côte, croix Ric, au nord de l'église. Elle était surmonté d'un coq en fer forgé, fabriqué par M. Dépis, serrurier, grand-pére de la famille actuelle; la croix fut démolie par accident, les pierres dispersées et remplacée par la modeste croix actuelle qui a conservé le vieux coq.

La premiére croix que l'on rencontre sur le chemin de St-Méric, c'est une petite croix placée contre un petit mur, qui autrefois servait de montant à un portail. Cette croix fut placée, il y a quelques années, par feu Charles Gaussiran, au côté ouest du chemin, immédiatement après avoir dépassé la dernière maison du quartier. Plus loin, assez loin, on trouve sur le même côté ouest la croix de St-Méric.

Elle est en bois sans aucun ornement. Elle fut placée neuve en 1927, au lieu et place d'une croix plus ancienne. Cette croix n'est au croisement d'aucun chemin. Il faut continuer encore assez loin vers le sud, avant de quitter le chemin de St-Méric pour s'engager dans le chemin qui mène au quartier de la Croix-Blanche. Il semble que la croix devrait être en cet endroit. Voici une explication: d'après des documents que nous n'avons pas eus entre les mains, mais qui existent et dont on nous a certifié l'authenticité, une peste aurait décimé la population de Puntous. Par mesure sanitaire on aurait inhumé les morts, hors centre, à St-Méric. Cette croix n'indiquerait t-elle pas ce lieu de sépultures ?

On peut aussi supposer raisonnablement, comme nous l'avons dit, dans l'article sur la conférence de Saint-Sébastien et St-Fabien paru dans l'almanach de 1931, que c'est à la suite d'un voeu fait en temps de peste, que nos aïeux dédièrent une chapelle de l'église à ces deux saints et fondèrent la confrérie. N'oublions pas que la confrérie est établie pour plusieurs fins, la 2è dit : Pour que Dieu nous préserve des maladies contagieuses. Actuellement on ne préciserait pas en ces termes. Donc, les maladies contagieuses telles la peste , qui, au milieu du 16è siècle décima les populations pyrénéennes, étaient redoutées de nos aïeux...

La chapelle de Sainte-Barbe n'aurait-elle pas une origine et une raison d'être semblable ?

La procession se dirige vers la Croix blanche par un chemin peu entretenu ... et, pour peu qu'il ait plu les jours précédents, il faut passer sur les bords des champs voisins ... La Croix blanche ainsi dénommée du quartier plutôt que de sa couleur , qui dans le temps devait être blanche, paraît très vieille ... une tige branlante, plusieurs fois consolidée, surmontée d'une simple croix, faite de deux barres en fer qui se croisent le plus simplement du monde. Cette croix, il y a 30 ans, était au milieu de ce terrain triangulaire, inculte, formé par les deux chemins qui se rencontrent en ce point. Elle était placée contre le tronc d'un grand chêne. Le chêne mourut et fut arraché. On porta alors la croix à la base du triangle ... dans la haie du champ nord.

On rencontre ensuite, en continuant vers le nord, la croix de la « Boulayguète »  cette croix est très modeste et très ancienne. On rejoint ensuite la route de Castelnau au point précis où on l'a rejointe la veille, en venant de la croix Barthe.

De là, comme la veille, on se rend à l'église sans arrêt. On passe devant deux croix qui méritent d'être signalées. Devant ces deux croix s'arrête la procession de la Fête-Dieu et ne s'arrête pas la procession des Rogations.

La première c'est la croix de la Manasse, à côté du nouveau bureau de poste, au point de jonction du chemin qui descend de la mairie avec la route de Castenau. La croix actuelle fut édifiée et bénie en 1926. Elle remplace une croix très ancienne placée en ce même lieu par feu l'abbé Bertres, né à Puntous, et alors curé de Puntous. Cette croix pieusement entretenue par sa famille était tombée de vétusté depuis deux ou trois ans.

Elle portait la lance, le roseau avec l'éponge et les 30 deniers
. On nous a raconté qu'elle avait été bénite un matin de Mardi-Gras, en temps de Mission, au milieu d'une grande affluence de paroissiens de Puntous et des villages voisins.

La deuxième croix que l'on rencontre, avant de rentrer à l'église, c'est la croix qui est placée au point de jonction du chemin qui descend de l'église avec la route de Castelnau . Croix Serris .la croix la plus vénérable de la paroisse. Elle a soin de nous le dire: «  1787, restaurée jubile 1858 ». Voici le bref compte-rendu de sa bénédiction:

Le trois Septembre 1787. La croix en fer de la Mission ,faite par les Révérends Pères capussins d'Auch a été bénie par nous Curé du dit lieu en foi de ce, Sabatier curé ».

Cette croix a donc 145 ans. C'est aussi la croix la plus belle de la paroisse. Toute en fer forgé, entourée d'une grille, elle porte divers ornements.. . Et divers attributs qui rappellent la Passion de Notre-Seigneur et le Saint-Sacrifice de la Messe... Le serpent, déroulant ses anneaux, et relevant sa tête menaçante, siffle de rage... Il est entre les deux pieds de la croix sur le sol.

Terminons par la croix de la Mission 1840... la croix de la procession dominicale... érigée sur la place de l'église, en 1843, par feu l'abbé Dastugue en mémoire de la grande mission prêchée du 16 décembre 1840 au 10 janvier 1841, pa quatre Missionnaires de Garaison, croix bénite par Monseigneur Double, évêque de Tarbes, en tournée de confirmation, le 2 juillet 1843, jour de la fête de St-Pierre, patron de la paroisse...


Nous venons de faire une pieuse promenade dans la paroisse et dans le passé... Rentrons à l'église.... Elle est le centre de la paroisse, la Maison de la prière et le vestibule du ciel... C'est là que nous fûmes marqués du signe de la croix sur les fonts du baptême. Cette croix est imprimée dans nos âmes en traits ineffaçables. Elle nous marque chrétiens pour toujours. Tachons de la respecter, et puissions nous, à notre dernière heure, la présenter au christ de notre baptême, de notre première communion et de notre jugement, brillante de foi, éclatante d'amour.


  
(Lorsqu'une croix est écrite en bleu, le survol avec la souris fait apparaître la photo de la croix existant en 2007)