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                                                                                                                 MONOGRAPHIE

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Les Archives départementales des Hautes Pyrénées ont demandé, au siècle dernier, à tous les instituteurs du département d’écrire l’histoire de leur village.

La commune de Puntous est une de celles qui forment la limite septentrionale du départe­ment des Hautes Pyrénées ; elle touche du côté du nord-est, à celle de Larroque Magnoac de l’est, également ; du sud est, au village de Barthe ; au sud, se trouvent les villages de Betpouy, Hachan et Campuzan; à l’ouest, celui de Puydarrieux; au nord-ouest et au nord, celui de Guiserix.

La distance au chef lieu de canton, qu’est Castelnau Magnoac, est seulement de trois kilomètres et demi ; elle est éloignée de Bagnères, chef-lieu d’arrondissement, de 50 kilomètres, et de son chef lieu de département, Tarbes, de 40 kilomètres.

Elle est située à l’extrémité de l’une de ces nombreuses collines qui se détachent du plateau de Lannemezan auquel elles servent de contreforts, courent presque parallèlement vers le nord l’étendue du reste du département pour se prolonger dans celui du Gers ; en formant des vallées larges seulement de quelques kilomètres ; fertiles pour la plupart. Celle où s’élève Puntous est la plus courte et sa hauteur en ce lieu peut-être d’environ 100 mètres au dessus du niveau du sol de la vallée contiguë.

Une partie des maisons de la commune sont alignées, assez régulièrement sur la crête ; une autre partie sont éparses sur le versant oriental. Le reste se trouve tout entier dans la vallée bordant les deux grandes routes qui se croisent perpendiculairement à deux kilomètres de la colline du côté du couchant.

On ne connaît rien de remarquable sur les collines ou les plaines étroites qui avoisinent le village, si ce n’est une carrière de marne très calcaire située à 2 kilomètres environ du sud. Les curiosités naturelles y font absolument défaut, mais le sol, bien cultivé et bien défriché, à base d’argile et de calcaire, est assez riche.

Cette commune est arrosée par la Baïse, qui serpente au pied de la colline, et traverse du sud au nord tout le territoire, qu’elle partage ainsi à peu près par le milieu. La Solle qui passe à l’extrémité est, n’est qu’un torrent qui reste à peu près sec tout l’été à moins que des crues accidentelles ne viennent tout à coup en remplir le lit, la faire même déborder, ainsi que la Baïse, qui d’ailleurs, presque toutes les années, sort au moins une fois de son lit, sans causer pourtant de grands dégâts. En 1875, elle s’est élevée sur 3m, 5 au dessus de l’étiage, ainsi qu’en 1886.

L’été, elle roule peu d’eau, et sans le canal de la Neste qui l’alimente, elle serait aussi à peu près à sec pendant l’été.   





L’eau potable est fournie par des fontaines publiques au nombre de trois. Quelques puits ont été aussi creusés, mais en bien petit nombre ; il existe en outre depuis cette année seu­lement, deux puits communaux au centre du village, à peu de distance de l’église ; l’un au nord, l’autre au sud de cette dernière. Pour les besoins journaliers du ménage, chaque mai­son possède une citerne où se conserve l’eau de pluie.

Le climat n’est pas rude, quoique la commune ne soit pas abritée contre les vents qui s’y font sentir dans toute leur force surtout dans la partie située sur la crête. Le vent d’autan, ou du nord-est amène souvent la pluie au printemps ; celui du nord-ouest, également en toute saison. Quand à la bise, ou vent du nord, il est la plupart des fois un signe de beau temps. La température n’y est jamais très élevée ni très basse, et la neige y fond rapide­ment. Sous le rapport sanitaire, elle ne laisse rien à désirer car sa position est bonne ; le sol n’y est point humide et la plupart des maisons sont construites et aménagées dans de bonnes conditions d’hygiène.





Le dernier recensement accuse une population de 609 habitants, chiffre inférieur de 20 à celui du précédent, et de 700 à celui qui fut fait il y a quinze ans. La population tend donc à diminuer, et considérablement. Comme cause, on peut citer l’émigration des jeunes gens, dont un certain nombre, peu considérable pourtant, quitte la campagne pour s’en aller à la ville ou à l’étranger. Une autre cause, sérieuse sans doute aussi, c’est la diminution des mariages. Il y a plusieurs maisons où vivent un, deux, trois célibataires ayant déjà depuis (de) longs jours dépassés l’âge où l’on se marie. Il en est d’autres ou des célibataires, en âge encore d’accomplir cet acte (qui) ne le feront probablement pas. Enfin, quatre ou cinq familles se sont complètement éteintes pendant ces dernières années.

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La commune est divisée en cinq quartiers principaux La Rivière du nord, la Rivière du sud, le Haut-Puntous, le Bas-Puntous, Sentrailles et la Palisse. Elle renferme 160 feux.

L’administration est confiée à 12 conseillers municipaux, y compris le maire et l’adjoint; un valet communal qui affiche et publie les documents administratifs. Il y a aussi un garde champêtre et 5 cantonniers. Elle est desservie pour les cultes par un curé ; elle est comprise dans la perception de Castelnau Magnoac dont elle relève pour le bureau de poste et le ser­vice télégraphique.

Les revenus ordinaires s’élèvent à la somme d’environ 5 600 fr. et la valeur du centime est de 0,187.

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La principale culture du sol est le blé ; puis la vigne. On récolte encore un peu de maïs, de l’avoine et des haricots. Enfin, dans ce sol, on fait encore de nombreuses prairies artifi­cielles donnant de la luzerne. Les prairies naturelles n’existent, et encore qu’en petit nom­bre sur les rives de la Baïse et de la Solle, grâce aux assolements et aux jachères qui sont les procédés de culture employés par le cultivateur de cette contrée. Il obtient d’assez bon­nes récoltes qui seraient sans doute meilleures encore s’il pratiquait le premier procédé sur une plus large échelle et s’il consentait à former des syndicats pour l’achat d’engrais chimi­ques dont certaines cultures se trouvent fort bien.

Le sol produit en moyenne et environ 4 800 hectolitres de froment, 200 hectolitres d’avoine, 100 hectolitres de maïs, 80 hectolitres de haricots, 200 quintaux métriques de pommes de terre, 200 quintaux de fourrage artificiel, 200 quintaux de fourrage naturel.





Quand à la vigne, plantée en grande partie sur un sol couvert autrefois de bois, elle produi­sait en moyenne 6 bordelaises à l’hectare avant l’apparition du phylloxéra qui l’a attaquée depuis l’année 1885. Il est probable que, environ 20 hectares sont aujourd’hui plus ou moins atteints sans pourtant qu’aucune partie soit encore complètement détruite. Le mil­diou, qui a aussi fait beaucoup de progrès l’année dernière ne contribue pas peu à son dépé­rissement.

A l’extrémité sud-ouest et ouest de la commune se trouve sur un sol uni dans presque tout le parcours, la grande forêt dite de Puntous, d’environ 160 hectares de contenance, essence de chênes, qui fournit aux habitants une coupe annuelle de 2 stères environ pour chaque feu, moyennant la somme de 6 à 9 fr.

L’administration forestière réserve les baliveaux sur les lieux où la coupe s’est effectuée, de sorte qu’il y a toujours sur toute l’étendue de bois futaie, outre qu’il y a une soixantaine d’hectares plantés exclusivement en bois de cette dernière catégorie.

Elle fait aussi planter des chêneteaux aux endroits où de trop grandes éclaircies se sont pro­duites. Enfin, elle demande chaque année à la commune une somme de 200 francs pour l’entretien et l’assainissement du terrain. En outre, elle prélève un vingtième sur la valeur de chaque coupe.

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Les vaches et les boeufs de race gasconne sont les principaux animaux du pays, avec le che­val et la jument qu’on élève spécialement pour le produit, mule ou mulet. Peu de troupeaux de moutons, à peine 150 têtes, par suite du manque de pâturages.

Le gibier manquant aussi, et le braconnage détruisant la plus grande partie du peu qui existe, il y a peu de chasseurs ; aussi le produit de la chasse peut être considéré comme nulle. Celui de la pêche également. Il serait nécessaire de la suspendre pendant un certain temps ou d’exercer une active surveillance au bord des rivières si on voulait le repeuple­ment des rivières qui coulent dans le territoire de cette commune car on y commet délit sur délit.

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A part une teinturerie dont le travail est assez important, il n’y a pas à Puntous d’établissement industriel.

Traversée dans toute sa longueur, du couchant au levant, par la route départementale n° 1, de Tarbes à Boulogne sur Gesse, et à son extrémité occidentale par la route d’Auch à Mi­rande, la commune de Puntous a des voies faciles ouvertes dans toutes les directions ; mais ses communications sont pourtant bien incommodes et difficiles. Elle n’est desservie par aucune voie ferrée, et les lignes de chemin de fer les plus proches sont Lannemezan situé à25 kilomètres, et Mêlan qui se trouve à la même distance. Aucune diligence n’y passe non plus. Pour se rendre à Auch ou Lannemezan, il faut aller la prendre à Castelnau Magnoac, chef-lieu de canton. Pour aller à Bagnères ou à Tarbes, on peut choisir entre ces deux li­gnes qui n’offrent plus d’avantages l’une que l’autre pour le voyageur, ni plus de commo­dité.

A part le commerce des bestiaux auquel se livrent trois ou quatre individus, et encore sur une petite échelle, le commerce y est nul.

Quand aux mesures locales en usage, ce sont le décalitre, le litre, le double litre, le double décalitre, le boisseau
      



Le village est situé à l’extrémité, ou pointe d’une colline. Il est probable que son nom lui vient de cette position.

Les archives communales conservées remontent à l’année 1398, et consistent en papiers détachés, réunis par liasses, contenant des actes relatifs aux relations de seigneur avec les consuls, syndics et habitants de la commune ; en comptes administratifs de ces consuls ou syndics ; en actes de convention entre les habitants, et aussi un grand nombre de pièces concernant les différents procès entre les deux communes de Guiserix et Puntous au sujet des coutumes et de la forêt qui séparait les deux communes. Mais ces pièces dont d’ailleurs beaucoup sont en mauvais état, sont en outre écrites, certaines en latin, d’autres en patois incompréhensible. D’autres enfin, en très grand nombre, sous une forme qui ne permet pas de les lire, mais il est hors de doute qu’ayant tous ces documents, avec beaucoup de temps et un grand travail, avec l’aide aussi d’un archiviste capable, on ne parvint à constituer une histoire intéressante de cette localité à partir de 1798, et même antérieure à cette date, his­toire qui n’a jamais été faite.

Au xvè siècle sont les seigneurs de Puntous, MM de Rivière père et fils. Ce sont eux qui firent rédiger sur un cahier parchemin les coutumes des habitants de cette commune, qui appartint au diocèse d’Auch et relevait de la sénéchaussée d’Armagnac. Elles sont conte­nues dans 27 feuilles écrites en latin et en patois. Pour leur donner plus d’authenticité sans doute, on y inscrivit tout ce qu’en savaient les principaux habitants de la commune.

Au XVIè siècle, en 1575, Melle de Montaut était seigneuresse de Puntous. Cette année là, les consuls, syndics et principaux habitants de la localité prêtèrent, sur les Saints Evangiles, serment de fidélité à la dite dame, lui promettant en outre, de lui présenter, le jour de Noël, quatre hommes parmi lesquels elle en choisirait deux pour remplir la charge de consuls l’année suivante.

En 1612, survint entre elle et la municipalité un acte d’accord qui réglait les charges des habitants de la commune vis-à-vis de la seigneuresse. Outre le cens et redevance, s’élevant à 6 liards par arpent de terre, qu’ils promettaient de lui payer pour les terres qu’ils déte­naient d’elle, il fallait encore payer le même tribut pour celles que les consuls et syndics détenaient au nom de la communauté. Outre encore le droit de corvée consistant en 3 jour­nées pendant lesquelles chaque habitant devait travailler à la propriété de la dame, outre celui de banalité, qui consistait à aller moudre aux deux moulins seigneuriaux et à fouler leurs draps au fouloir, il y était stipulé que celui qui voudrait faire une clôture dans sa mai­son ou dépendances, ou bien dans ses terres, devait payer un sole pour clore un journal, deux pour deux journaux et pour une plus grande contenance, il devait s’entendre avec la seigneuresse ou avec ses successeurs.

Par cet acte, la commune était confirmée dans les libertés et privilèges dont elle jouissait antérieurement, et parmi ceux-là, d’après les documents de l’époque ; il faut citer le droit de justice civile et criminelle appartenant au consul du lieu. Ce sont ces libertés et ce der­nier droit en particulier que Bernard de Montaut, qui probablement succède à Melle de Montaut, voulut abolir en partie en 1629, et oppt[..] par toutes sortes de moyens la munici­palité qui alors en référa au roi par l’intermédiaire du sénéchal d’Armagnac, en résidence à Lectoure.

Les lettres royales de 1629 donnent raison au syndic de Puntous qui rentra en possession de tous ses anciens droits, et la sentence de 1633 du sénéchal d’Armagnac déchargea en outre les habitants de la banalité par provision seulement.

Plus tard, vers 1654, des exemptions furent encore consenties par le seigneur envers la communauté, et il faut croire que celle-ci fut affranchie pendant longtemps des principaux droits en usage auparavant, car, quand après 1700, les barons du château voulurent les faire revivre à leur profit, comme par exemple, la banalité telle qu’elle existait sous Melle de Montaut, celui de banalité corvée, les syndics de la commune s’adressèrent au parlement de Toulouse pour régler le différend.
            




Dans un mémoire fait par des hommes de loi de ce parlement en 1785, ils disent que la commune peut opposer la prescription au droit de corvée. Quand au droit de la poule, il n’est point dû, car les seigneurs n’ont pu prouver par des titres qu’il fût exigible, attendu que les dénombrements antérieurs à 1633 n’en parlent pas. Il en est de même de celui de la banalité.

Il résulte aussi de ce mémoire qu’un combat de fief s’engagea alors entre M. de Baretge, seigneur de Tilhouse, devenu maître à la suite d’une union avec Melle d’Eauze, d’une des deux métairies qu’on appelle aujourd’hui Sentraille, appartenant maintenant, avec leurs dépendances formant une propriété d’environ 1 kilomètre carré, à un seul propriétaire.

Ce procès tendait à faire exempter de la taille la terre de Sentraille appartenant à M. de Baretge et il faut croire que ce dernier eut gain de cause car, d’après le cadastre dressé en1740, sa terre est portée noble.

Maintenant, comme se peut-il que la municipalité de Puntous pût avoir raison contre le sei­gneur à propos des droits dont nous avons parlé plus haut?

C’est que, après 1700, les propriétaires de château n’habitaient probablement pas la com­mune. Ainsi, en 1740, le baron de Visnich, baron de Puntous, était intendant des finances à Auch. Il peut se faire qu’ils négligeassent de réclamer ainsi des droits que les coutumes anciennes leur concédaient, et de rédiger convenablement tous les titres pouvant les con­sacrer. Voilà peut-être comment ils se trouvèrent désarmés quand quelques-uns d’entre eux voulurent en revenir aux habitudes anciennes et comment la municipalité de Puntous put longtemps jouir de grands privilèges.

Pendant la Révolution, le propriétaire du château qui relevait directement du roi, ayant sans doute émigré ou du moins abandonné sa propriété, le château fut détruit en partie. Une portion des biens est devenue la propriété de la commune. Une autre, celle de particuliers. Les fossés ont existé longtemps ; quand aux ruines, elles ont disparues totalement en 1861. Le presbytère est bâti à leur place.

Après la Restauration, la municipalité faisait sur l’éminence où s’élevait le château les feux de joie pour célébrer la Saint Louis et la Saint Charles. Enfin, cette éminence fut nivelée en 1853, époque où le conseil créa un atelier de charité pour venir en aide aux pauvres.

A propos de l’histoire municipale, il est peut-être bon de dire que pendant à peu près trois siècles, depuis le milieu du XVè siècle jusqu’en 1806, les consuls et syndics de Puntous on été en différend, en procès même, à diverses époques à propos de la forêt qui séparait les deux communes.

Tantôt condamnés, tantôt gagnants de la cause, ils recommençaient à plaider les uns contre les autres pour le moindre délit. Le bornage effectué en 1623 ne suffit même pas pour apai­ser la querelle, soit pour enlèvement de bois, soit pour pacage de bestiaux, soit pour la glandée, le procès recommençait, et malgré un arrêt du parlement de Toulouse en 1555 qui établissait les droits respectifs des deux communes, mais auquel ne s’en tint pas la com­mune de Puntous, celle-ci voulait de nouveau attaquer sa voisine sous prétexte qu’elle refu­sait de se renfermer dans les limites fixées, et payer la somme de 20 sous toulousains, im­pôt auquel elle fut soumise par titre d’inféodation de 1480. Pourtant, elles finirent par s’entendre, et cette année 1806 vit la fin de l’affaire, terminée à l’avantage de Puntous.

Quand aux 900 journaux qui formaient la partie appartenant à l’Etat, dite forêt royale de Campuzan, elle fut vendue vers l’an 1830 par adjudication et adjugée à un seul propriétaire qui, à son tour, vient de la revendre à trois particuliers, dont deux de Castelnau Magnoac et un de Guiserix.
            



L’histoire municipale de Puntous, depuis 1890, n’offre aucune particularité intéressante. Il faut pourtant citer la création d’un bureau de bienfaisance qui fut établi grâce aux libéralités du sieur d’Astugues, curé de Puntous pendant la Révolution, chanoine, théologiste re­nommé encore, dont la réputation de charité s’est perpétuée parmi les habitants de la loca­lité. Il laissa pour cela 4 000 francs et une pièce de terre labourable. Mme Traxat légua 1 000 fr. et Mme de Baretge, religieuse au couvent de Condom, 500 fr. Grâce à ces dons et à certains autres petits legs, donnant un revenu total annuel de 400 fr., fut institué le dit bu­reau vers l’année 1855.

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Voici maintenant la légende de cette commune

Au sud, et à peu de distances des maisons du village, auprès de la Baïse, se trouve dans un champ, près du chemin de la Peyrette, une pierre ayant à peu près la forme cubique de 3 décimètres de hauteur, entourée d’un mur.

On raconte que, dans l’ancien temps, un laboureur toucha cette pierre de sa charrue, en allant (dans) ce même champ. Il la pinça avec son aiguillon. Il en sortit du sang. Il continua son travail après l’avoir mise de côté et y avoir jeté son manteau dessus. Quand il voulu le reprendre, à la fin de son labeur, il le trouva consumé.

Plus tard, le propriétaire du champ fit transporter chez lui cette pierre miraculeuse ; mais, ô surprise, le lendemain elle fut à la même place du champ où on l’avait extraite.

Voyant cela, on voulut y construite un abri en bâtissant un mur circulaire sur lequel on posa un petit toit. Celui-ci fut renversé dès qu’il fut achevé sans qu’on dise qu’aucune main d’homme n’y ait touché. Depuis, on n’y a plus touché. Le mur est resté et la pierre se trouve toujours au même endroit.

Bien plus. On lui attribue des propriétés curatives. Des personnes de la commune affirment s ‘être guéries de douleurs et de maux d’ yeux en se lavant avec l’eau blanche obtenue en versant de l’eau de rivière sur cette pierre et frottant ensuite avec un cailloux.

Ce qu’il y a de certain, c’est que beaucoup de personnes jusqu’à présent venaient des envi­rons, la nuit de la Saint Jean, pour essayer de ce remède dont on usait après force prières.

Aujourd’hui, cette coutume paraît presque totalement abandonnée.






L’instruction primaire a été donnée à Puntous dans les temps anciens. Avant 1790, il y avait un instituteur communal. Mais pourtant, jusqu’à cette époque, il est probable qu’il n’avait pas été fait de grands progrès ; les registres de l’état civil depuis 1670 jusqu’alors nous le prouvaient par les rares signatures de ceux qu’ils concernaient. Ni témoins, ni pè­res, mères, époux ne savaient signer dans la plupart des cas.

Monsieur Porterie, qui fut nommé en l’an 2 de la République par décision du conseil géné­ral de la commune, faisant partie alors du district de la Neste, (il) possédait une instruction peu ordinaire pour l’époque parmi les habitants de la campagne, ainsi que l’attestent les dis­cours contenus dans le registre de la commune en l’an 1801. Aussi, son école fut-elle tou­jours nombreuse, et le rendez-vous des jeunes gens des environs qui tenaient à s’instruire.

Elle était installée dans la salle de la mairie qui n’était pas en bon état, qui fut rebâtie en 1830, et encore, sur un nouveau modèle, en 1876.



Il faut reconnaître que cet homme savait bien apprécier les bienfaits de l’instruction parmi les masses, puisqu’une cause de son testament portait qu’une partie de ses biens devait être affectée aux frais de l’instruction primaire à Puntous.

C’est cette clause, sans doute mal expliquée ou mal déterminée, qui donna lieu à un procès en 1872 entre la municipalité et les héritiers naturels de M. Porterie, mais qui se termina à l’avantage de ces derniers.

En 1830, M. Porterie eut pour successeur M. Fittère qui continua l’oeuvre de son prédéces­seur. Des documents trouvés sur le registre il ressort que l’école était fréquentée par un grand nombre d’étrangers, ce qui prouve la bonne renommée de l’école.

Et voici comme le traitement du maître était constitué Il recevait de la commune 225 fr. en sus du traitement éventuel fixé à 75 centimes pour tout élève de la commune commen­çant à lire ; 1 fr.25 pour ceux qui lisent et écrivent ; 1 fr.50 pour ceux qui apprennent en outre les règles.

On peut déduire de là de quelle façon défectueuse se donnait l’enseignement à cette épo­que ; aussi, malgré le savoir des maîtres, les élèves quittaient l’école sans y avoir appris grand chose.

Le témoignage des hommes qui la fréquentaient à cette époque est d’ailleurs là pour le prouver encore.

A partir de 1865, des changements notables sont apportés à la direction de l’enseignement; aussi, depuis lors, les progrès sont sensibles et de tous ceux qui ont suivi depuis lors les cours de l’école primaire, il n’en est peut-être pas qui sache au moins lire convenablement, écrire et compter.

L’instruction des filles n’a pas non plus été négligée dans la commune. En même temps que M. Porterie, Melle de Baretge tenait pension au château. En 1847, une institutrice libre fut nommée par la municipalité. Elle devint communale en 1852.

Mais l’instruction des jeunes filles, comme celle des garçons, n’a fait de réels progrès que depuis une vingtaine d’années.

Le local scolaire des garçons se compose d’une grande salle de 55 m2 environ, bien aérée, saine, mais contigüe à un grand étang qui rend le bas de la construction un peu humide. Mais la salle d’école, située au premier, est pourtant bien saine.

Une bibliothèque scolaire a été créée en 1882. Par la sollicitude du conseil municipal, il y a 50 ouvrages et le nombre des prêts de la dernière année s’est élevé à 55.

Quoique aujourd’hui aucun enfant de la commune ne cesse de fréquenter l’école pendant le temps de l’âge scolaire, l’irrégularité de la fréquentation est encore un grand obstacle aux progrès des enfants.

Il manquerait aussi à l’école des appareils pour l’enseignement de la gymnastique.

L’instruction de la jeunesse est aujourd’hui en bonne voie. On y tient à la commune. On en sent tout le prix, et elle fait chaque jour un pas en avant.

Dans la dernière année, il n’y a pas eu de conscrit illettré et seulement deux conjoints n’ont pu signer leurs noms, et encore ce sont des femmes.

La maison d’école des filles est encore à faire. La commune paye pour le logement scolaire et celui de l’institutrice, 95 francs seulement par an.


Archives départementales des Hautes Pyrénées T385 - 305.