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1930 – CONFRERIE DE SAINT FABIEN ET SAINT SEBASTIEN



L'église de Puntous possède une chapelle dédiée à saint Fabien et à St Sébastien.

Une confrérie, encore existante, a été érigée sous le vocable de ces deux saints.

Saint Fabien, pape, d'origine patricienne, mourut à Rome, victime de la persécution de Dèce, le 20 janvier 250.

Ses restes furent inhumés dans la chambre des papes, au cimetière de Saint-Calixte, où reposaient ses prédécesseurs.

On sait que des fragments de la dalle funéraire qui recouvraient son tombeau, portaient son nom avec le monogramme M.R. (Martyr), signe de la « vindicato » ou reconnaissance officielle du martyr, ont été découverts en ces derniers temps.

Quant à saint Sébastien, narbonnais par son père et milanais par sa mère, chef d'une cohorte prétorienne, il reçut la palme du martyre sous Doclétien, le 20 janvier 288.

Ses restes furent ensevelis dans les catacombes, où le pape saint Damasse éleva une basilique qui porte son nom.

A la requête de Charles le Débonnaire, le pape Eugène II concéda, en 825, une partie du corps du saint à la fameuse abbaye de Saint-Médard, de Soissons.

En 1639, son chef était conservé dans l'église Saint-Nazaire de Carcassonne.

Saint Fabien et Saint Sébastien étant morts le même jour, l'église les a réunis, l'un et l'autre, dans un même culte, le 20 janvier.

On sait que saint Sébastien est particulièrement invoqué contre la peste. Cette dévotion remonte au pape saint Agathon (682). De son temps, la ville de Rome étant décimée par la peste, on dressa, par inspiration divine, un autel de saint Sébastien; incontinent le fléau cessa.

Divers autres lieux éprouvèrent, en pareille occurrence, une protection semblable.

Parmi ces lieux on peut citer la paroisse de Puntous et supposer raisonnablement que c'est à la suite d'un voeu, fait en temps de peste, que nos ancêtres dédièrent une chapelle à ces deux saints et fondèrent la confrérie.

L'article 2 des statuts rédigés en 1863 par l'abbé Maubey, d'après les documents anciens et la tradition orale, nous dit que la confrérie est établie pour que Dieu nous préserve des maux du corps et de l'âme et principalement des maladies contagieuses.

Est-ce à la suite de la peste noire 1346-1353) qui enleva 25 millions d'hommes en Europe et 23 millions en Asie ?

Est-ce à la suite d'une peste qui, au milieu du 16è siècle décima les populations pyrénéennes ? Peut-être, mais pas plus tard. La bulle du Pape Alexandre VII, dont une copie délivrée par l'archevêque d'Auch est affichée, sous verre, dans la dite chapelle, qui érige canoniquement la confrérie et l'enrichit d'indulgences , est datée de 1658.

En voici un extrait:


Alexandre Pape VII

Pour perpétuelle mémoire, ayant appris qu'en l'église paroissiale de St Pierre de Puntous, diocèse d'Auch, une pieuse et dévote confrérie, composée des fidèles chrétiens de l'un et de l'autre sexe, ou doit être érigée canoniquement sous l'invocation de saint Fabien et de saint Sébastien, qu'en cette confrérie on a coutume de pratiquer quantité de bonnes oeuvres de piété et de charité. Nous, afin que la dite confrérie reçoive de jour en jour de nouveaux accroissements ... (suit la liste des indulgences).

Donné à Rome à Sainte-Marie-Majeure, sous l'anneau du Pécheur, le sixième jour de septembre 1658. Ugolinus Secrétaire.

Nous, Vicaire général en l'archevêché d'Auch, ayant eu la bulle ci-dessus, en permettons la publication par tout le diocèse.

A Auch le, quinzième du mois de juin mille six cent soixante-un, d'Aignan Vicaire général Prunières, Secrétaire


Donc, en 1658, la confrérie existait, et existait depuis longtemps. Dans le préambule des statuts, rédigés en 1863 par l'abbé Maubey, et approuvés par Monseigneur Laurence, dans sa tournée de confirmation, au presbytère de Puntous, le 25 février 1864, nous lisons:

« De temps immémorial, une bonne partie des habitants de Puntous se sont mis en dévotion de dresser une confrérie, en l'honneur et invocation de saint Sébastien, afin que ce grand saint les protégeât contre la peste et autres maladies contagieuses. Cette confrérie est donc très ancienne, et elle doit avoir été fondée à la suite d'un voeu fait en temps de peste.

Nous en possédons les registres d'inscriptions et de cotisations depuis l'année 1861; En 1861, il y eut 139 inscrits; en 1871, 143; en 1881, 113; en 1891, 128; en 1906, 108, et en cette année 1930, il y en a 281. Ce dernier nombre plus grand que les précédents, s'explique, parce que plusieurs étrangers, parents de paroissien, se sont faits inscrire sur les conseils de ces derniers.

Chaque année, le 20 janvier, fête des deux saints de la confrérie la messe était chantée et de nombreuses communions étaient distribuées.

En 1865, le 20 janvier, cette fête patronale de la Confrérie eut un éclat particulier et nouveau qu'elle a conservé en grande partie. Voici reproduite la note qu'a laissé l'abbé Maubey, dans le registre de la Confrérie:

« Le 20 janvier 1865 sera pour cette fortunée paroisse une époque de glorieuse et perpétuelle mémoire. C'était le jour où nous célébrions pour la première fois l' Adoration perpétuelle du Très-Saint Sacrement qui se solennisera désormais à perpétuité, tous les ans à pareil jour.

C'était aussi le jour de saint Sébastien, jour de la fête de la confrérie de ce nom, confrérie bien-aimée et aussi bien suivie dans la paroisse. Nous avions enfin fait choix de ce jour pour la première communion de quelques enfants.

Pour la succès de ces diverses et saintes oeuvres et pour le plus grand bien de la paroisse, nous avons eu le bonheur de faire prêcher une mission de quinze jours. Cette pieuse station nous a été donnée par les R.P.P. Miqueu, de la maison de Garaison, et Utéza, de celle de Sabart (Ariège).Elle a opéré les plus heureux fruits de salut qu'un pasteur peut désirer. Jamais nous n'oublierons les consolations spirituelles que nous a procurés cette pieuse et émouvante mission ».

Chaque année depuis lors, la fête de la Confrérie est solennellement célébrée, grâce à la fête de l' Adoration qui se célèbre ce jour-là. Le lendemain 21 janvier, une messe solennelle de Requiem est chantée pour tous les confrères défunts , et, en particulier, pour ceux décédés dans le courant de l'année, et dont les noms ont été publiés, au prône de la Messe, le dimanche précédent; Ce jour-là, les confrères versent leurs cotisations.

Voici le but, les charges et les avantages de la confrérie:


Article 2.- La confrérie est et demeure établie pour les fins suivantes:

1° Pour le Souverain Pontife et pour les besoins de l 'Eglise;

2° Pour que Dieu nous préserve des maux du corps et de l'âme et principalement des maladies contagieuses;

3° Pour la conversion des pécheurs;

4° Pour la conservation des fruits de la terre.


Article 3.-Pour avoir part aux avantages de la Confrérie il faut:

1° Avoir été admis par le curé de la paroisse de Puntous;

2°Réciter, tous les jours, un Pater et un Ave avec cette invocation : Saint Fabien et saint Sébastien, priez pour nous


Article 7.- (d'usage très ancien) Tous les ans,le jour de la fête, chaque confrère sera tenu de donner une petite cotisation pour messe, entretien de la chapelle, et prédications.

Article 10 (ancien) Les confrères exerceront entre eux plus spécialement les devoirs de la charité. Ils éviteront les discussions et les procès; ils recourront, pour terminer leurs différents, à l'arbitrage de quelque confrère, enfin ils ne plaideront jamais, sans avoir épuisé tous les moyens de conciliation.

Article 11.- (ancien) Si, parmi les confrères, il se trouvait quelqu'un qui, au mépris de ce règlement, entretint des haines et des rancunes contre quelque membre de la confrérie ou qui, s'étant brouillés, ils refusassent de se réconcilier, sur l'invitation du Directeur et du Prieur de la confrérie, six des plus anciens confrères pourraient se prononcer sur leur exclusion de la pieuse confrérie, après toutefois avoir été avertis deux fois.

Article 12.- La confrérie fera célébrer, tous les ans, et à perpétuité, pour les âmes des confrères décédés, quatre messes: la première, le lendemain de la fête de saint Sébastien; la seconde, le deuxième lundi de Carême; la troisième, le lendemain de la fête patronale de saint Pierre; la quatrième, le dernier jour de l' Octave des morts.

Article 15,- (promulgué le 20 janvier 1829) Une messe sera dite pour le repos de l'âme de chaque confrère , le premier jour libre de la semaine qui suivra son décès . Cette messe sera annoncée. Après la messe on récitera un « De Profundis » pour tous les défunts de la confrérie, un Pater et un Ave pour les confrères vivants.

Voici les principales indulgences accordées par le Pape Alexandre VII, dans sa bulle de 1658, aux membres de la confrérie:

1° Indulgence plénière est accordée aux fidèles, le jour de leur entrée dans la confrérie, avec, comme conditions, la confession et la communion.

2° Indulgence plénière est accordée à l'article de la mort, aux confrères qui confessés ou communiés, ou qui n'en ayant pas le moyen, ont la contrition parfaite de leurs péchés, prononcent, à ce moment suprême, de bouche ou de coeur , le nom de Jésus.

3° Indulgence plénière est accordée aux confrères qui confessés ou communiés, visitent la chapelle de la Confrérie l'après-midi de la veille de la fête, 19 janvier, et le jour de la fête, 20 janvier, et y prient aux intentions du Souverain Pontife.


La seconde indulgence mérite d'attirer plus particulièrement l'attention de chaque confrère, pour qu'il s'en souvienne, quand le moment viendra, et il viendra.

La chapelle de la Confrérie est la première chapelle située au nord de la nef, du côté de l' Evangile. La seconde ,du même côté c'est la chapelle de la Vierge. Fixé au mur, au dessus du tabernacle, un bas-relief en bois représente la scène du martyre de saint Sébastien. Le jeune saint y est r représenté , attaché par une main, au tronc d'un arbre, et , par l'autre, à la première branche au dessus de sa tête . Un des archers, le genou droit en terre, attache les pieds; l'autre archer, son arc tendu, est prêt à décocher sa flèche contre le jeune saint. Au dessus et à gauche, un ange planant sur des nuages, tient en main une palme. A droite de ce groupe est représenté saint Fabien en chape, avec tiare en tête et croix papale en main.

Ce bas-relief encadré mesure 1 m.60 de haut et 1 m.20 de large. A droite et à gauche, deux colonnes torses de style corinthien, garnies de pampres avec feuilles et grappes, supportent au dessus de leur entablement un simili baldaquin – 3 côtés d'un octogone – qui les relie. Dans l'espace compris entre ce baldaquin et le bas-relief, est représenté, également en bas-relief, le Dieu créateur. Son buste seul émerge des nuages. Il a une belle barbe de patriarche. La main droite est levée dans le geste de la bénédiction , la main gauche repose sur un globe.


Nous possédons quelques petits budgets de cette confrérie.

Celui de 1865 porte , dans le chapitre des dépenses: Restauration de la chapelle de saint Sébastien: 140 francs.

En 1893, le Conseil de la Confrérie, constatant le délabrement où se trouvait la chapelle de saint Sébastien, décida de la faire restaurer le plus tôt possible, par les mêmes artistes qui décoraient, en ce moment la chapelle de saint Joseph: M.M. Darré, père et fils, peintres à Tarbes. Ce travail de restauration ne fut fait que deux ans plus tard par Joseph Montferrand, peintre à Montréjeau.. Les frais s'élèvent à la somme de 600 francs.

En 1919, M. Lasseran, peintre décorateur à Lectoure (Gers) fit les peintures de la chapelle telles qu'elles sont actuellement.


Voilà ce que nous savons e cette antique et vénérable confrérie qui marque, d'un signe particulier, la paroisse de Puntous. C'est un legs du passé que nous tiendrons à pieusement conserver.

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Nous ne connaissons pas, dans notre petite contrée, de paroisse qui possède un pareille confrérie, avec chapelle spéciale. Mais nous savons, grâce à deux articles publiés dans « Le Semeur » par M. l'abbé de Marsan, de Guchen, très compétent en histoire locale, que saint Fabien et saint Sébastien ont fait l'objet d'une vénération spéciale dans la vallée d'Aure. Nous le citons:

La vallée d' Aure, qui a payé plusieurs fois au cours des siècles, tribut à la peste, ne pouvait manquer de recourir à sa puissante intercession.

Aussi nombreux sont les témoignages qui attestent la confiance de nos aïeux envers saint Sébastien.
Nous rencontrons son image peinte ou sculptée à Arreau (église Saint-Exupère), Ancizan, Aulon, Guchen, Jézeau et Sarrancolin dans le doyenné d'Arreau; à Aragnouet, Bourips, Saint-Lary et Vignec dans celui de Vieille Aure.

Des chapellenies en son honneur ont été fondées à Vignec et Cadeillan-Trachères.

Des confréries ont été érigées sous le vocable de ce saint , associé à saint Fabien à Aulon, Azet, Bourips et Gouaux.

Dans toutes nos paroisses leur fête était chômée. La messe du jour, généralement célébrée aux frais des communautés, attirait partout une nombreuse assistance.

Il n'est pas rare de rencontrer à l'origine de ces chapellenies ou confrérie quelque voeu ou fait merveilleux.

La confrérie de saint Fabien et de saint Sébastien d' Aulon fut établie le 8 juin 1637. Celle de Jézeau remonterait au milieu du XVIè sièce, entre 1535 et 1538.


Trois églises de la vallée d'Aure, celles de Gouaux, de Saint-Lary et de Jézeau sont en possession de reliques de saint Sébastien.

« La dévotion aux saints Fabien et Sébastien, écrit M. l'abbé Marsan, si chère à nos aïeux, est, de nos jours, bien déchue . »

Seules, dans la vallée d'Aure, les paroisses de Gouaux et de Jézeau conservent encore à la fête du 20 janvier son ancien éclat.

A ces deux paroisses, il faut ajouter la paroisse de Puntous, dans le Magnoac. L'abbé Maubey fut bien inspiré de faire donner la date du 20 janvier à notre fête de l'Adoration.